C'est l'histoire d'une jeune femme qui a les cheveux poivre et sel

A cette heure toutes les femmes de son age ont des cheveux de soi, roses ou verts, en fonction de leurs désirs, mais elle, coiffe désespérément ses cheveux gris

« Comment cela se fait il que mes cheveux soient si vieux ? » se demande t elle

« C'est parce que tu ne profites pas assez de ta jeunesse ! » lui rétorque une jeune fille au dos d'un motard

« Mais comment pourrais je alors que j'ai un balais dans une main, une liste de courses de l’autre et mille et une choses dans chacune de mes poches ! Tout ça est bien lourd ! »

« Lâche tout et suis moi ! » lui propose le kangourou

Mais suivre un kangourou signifierait partir en Australie ; et la peur de vivre sur un île et d'être cernée d'eau incite la jeune femme à refuser en ajoutant des écrits sur sa liste

 

Une hirondelle lui propose alors de la suivre elle plutôt que le kangourou

« Tu n'auras pas à sauter et à te fatiguer, tu n'auras qu'à te laisser porter par les différents courants d'air ; c'est parfois très reposant, tu sais »

Mais cette proposition imposerait de devoir voler et la peur de l'altitude incite la jeune femme à refuser en écrivant à nouveau sur sa liste

 

Une couleuvre se présente alors à elle et lui annonce que si elle veut la suivre c'est ici et maintenant 

« Oui il te faudra te traîner dans la boue, slalomer entre les arbres et les racines, t'abriter sous des feuilles en attendant que la tempête se calme ; tu seras sans doute parfois tenter de venir sur mon dos pour te faciliter la tâche, mais ton besoin d'autonomie te le fera payer tôt ou tard. Je ne t'attendrai, ni ne te supplierai. Viens maintenant, car je viens de muer ; mue avec moi et laisse ta liste : elle n'est pas celle de tes courses mais bien de tes peurs ; à présent j'y vais »

 

Alors la jeune femme ôte sa perruque grise trop longue, sa gibecière trop grande et son parchemin trop noirci et les dépose là où elle les avait trouvés plus tôt.

« ça fait bien trop longtemps que je porte ces apparats qui ne sont pas à ma taille ; ils appartenaient à 3 personnes différentes et en plus je ne suis qu'une »

 

Et alors que la jeune femme et la couleuvre s'enfoncent dans le sous bois, gisent au pied du chêne bleu leurs mues respectives