C'est l'histoire d'une licorne rose qui ne parvient pas à trouver son chemin car sa corne la fait loucher

Alors que les chevaux eux, parviennent à regarder loin devant eux, à anticiper, elle ne voit pas plus loin que le bout de sa corne et se trouve inévitablement devant d'immenses obstacles

« Si au moins, je parvenais à anticiper, ne serait ce qu'un peu, je me blesserais moins ! »

 

Alors elle frotte sa corne contre l'écorce d'un chêne, tentant de l'élimer, mais après avoir saigner et souffert, sa corne pousse à nouveau

Elle s'oblige ensuite à regarder toujours au plus loin, mais, faute de les détecter, elle butte dans des racines, des mottes de terre qui sont tout juste à ses pieds

Elle décide alors que son œil droit surveillerait constamment au loin et que le gauche regarderait à ses pieds. Mais elle perd la vision en dimensions et ne sait plus distinguer le réel du fictif

En prenant des passagers sur son dos, elle espérant pouvoir être mieux guidée qu'elle ne le fait seule. Mais l'un voulant aller au sud alors que l'autre préférerait l'est, leurs discordes les égarent bien souvent...

 

« Je vais donc rester ici, immobile et ainsi, je serai certaine de ne plus m'égarer... »

Et la licorne reste là, à regarder sa corne, à la détailler, à s'en plaindre...

 

Jusqu'au jour où un rossignol se pose sur cette dernière :

« Hello, petite licorne, que fais tu donc ici, couchée dans l'herbe alors qu'il y a tant à faire au loin ? Viens avec moi, je te guiderai ; je vole devant et tu me suis, ok ? »

La licorne se lève, et s'aperçoit, qu'en restant couchée ainsi, elle avait empêché les herbes de pousser ; elles étaient restées petites et jaunes !

A peine a t elle baissé le museau pour regarder les herbes que l'oiseau est déjà parti ! Plus de traces de lui, si ce n'est une plume dont elle suit la trace.

 

« ça y est, je suis posé sur la branche du marronnier rouge, tu peux me rattraper !» lui chante le rossignol.

La licorne court alors, s'essouffle et à peine arrivée près du marronnier, l'oiseau s'envole à tire d'aile, semant encore la licorne en route .Et ainsi les deux nouveaux amis se lancent dans une joyeuse poursuite jusqu'au baobab géant où l'oiseau annonce :

« ça y est, à présent tu es arrivée à me rejoindre, j'en suis heureux ; je vais te laisser ici et reprendre ma route car j'ai une autre licorne à guider. Tu sais à présent dans quelle direction regarder pour ne pas te perdre en route, tu n'as plus besoin de moi. Belle route »