C' est l'histoire d'une petite fille à l'orée du bois qui hésite à y entrer

Elle aimerait cueillir des jonquilles bien jaunes, qu'elle poserait dans son panier pour les offrir à sa maman

Bien qu' elle connaisse exactement leur emplacement, elle n'ose y aller

 

«  Pourquoi ne cours tu pas dans cette forêt ? » lui demande le faon tout étonné « fais comme moi, bondis tel un cabri, cueille tes fleurs et reviens ventre à terre »

« Certainement pas ! » lui répond la petite fille « j'aurai l'air d'une voleuse, et je n'en suis pas une ! »

 

Elle longe alors la forêt et se présente devant l'entrée nord  plus sombre, mais plus proche de l’endroit où poussent les jonquilles

Une couleuvre s'approche alors d'elle et lui susurre « Es tu vraiment sure que tu mérites d'entrer dans ce bois ? Et que feras tu des fleurs une fois cueillie ? Les planteras tu dans ton jardin ? Ou les laisseras tu pourrir dans tes mains, comme à ton habitude ? »

« Certainement pas ! » lui rétorque la fille, les larmes aux yeux « Je respecte trop la vie pour la gâcher ainsi ! »

 

Et elle s'éloigne vers le porte sud, se promettant de ne pas se retourner sur le passé

L'entrée est tellement lumineuse qu'elle en est éblouie et ne parvient pas à distinguer la forme qui s'adresse à elle :  « Essaye un peu d'entrer ici, mais il te faudra être à la hauteur de cette lumière ! J'attends de ceux qui pénètrent ici qu'ils s'engagent à me donner toute leur lumière ; si tu ne souhaites pas tout m'offrir, alors reste ici ! »

Pour la première fois alors, la jeune femme ne ressent ni colère, ni tristesse, ni peur, juste une franche détermination

« Je n'ai nul besoin de te donner ma lumière, puisque tu es bien plus lumineux que ce que tu penses. Je veux juste entrer chercher le bouquet de jonquilles que j'ai laissé là, au pied des roseaux sauvages. » Et elle s'engage dans le petit bois, en se baissant et en écartant les fougères au passage

 

« Ce bois était beaucoup plus grand dans mes souvenirs ! »remarque t elle « et l'entrée était close par des buissons d'aubépine... aujourd'hui je n'y vois ni buis, ni rosier , juste des pâquerettes sauvages... »

Alors elle ramasse son bouquet, et part en saluant toute l'assemblée...En les regardant de plus prêt, elle s'aperçoit que la plupart d'entre eux semble prisonnier. La forêt dans laquelle elle avait tant voulu revenir n'était en fait qu'une vaste prison delaquelle elle n'avait qu'une hâte, ressortir !