C'est l'histoire d'une religieuse dans sa cellule, qui se plaint de ne jamais avoir de visite

« Ah, si au moins, je pouvais voir un peu de monde, juste un peu ; pouvoir partager, échanger, rire un peu... Mais non, jamais personne ne me rend visite ! »

Noyée dans ses plaintes, elle ne voit ni les fourmis à ses pieds, ni les oiseaux sur le rebord de sa fenêtre.

Elle ne voit pas non plus toutes ses consœurs à ses côtés, qui comme elle sont préoccupées par leur solitude .

Les unes à côté des autres, elles passent sans même s'entre apercevoir

 

Un chat de gouttière qui passait par là entra par une fenêtre entrouverte

« Tiens, tiens... Je m'en vais goûter 2 ou 3 tartes aux pommes, je vais me régaler, je ne vous dis que ça »

Mais sur la table, il n'y avait rien !! Aucun repas, aucune collation, pas même la moindre petite miette...

« De quoi peuvent bien se nourrir toutes ces femmes aux longues toges ?? » se demande t il

 

Alors qu'il s'interroge, une femme arrête soudain son habituel chemin de ronde et s'exclame :

« Oh, le charmant petit chat ! »

Aussitôt, la femme qui la suivait la percute et sort subitement de ses idées obsédantes

« Oh, le joli matou ! » crie t elle

La troisième percute la deuxième et ainsi de suite, jusqu'à ce que toutes les femmes s'éveillent à tour de rôle

 

Alors la première déclare : « J'ai faim, je vais me préparer à manger. Qui souhaite dîner avec moi ? »

« Je sers la table » répond une voix

« Et moi je vais cueillir des roses pour embaumer la table » renchérit une autre

« Je t'accompagne, je vais chercher de la salade au potager et de la sarriette » ajoute une autre

 

Le cloître grouille alors de vie, d'agitation, de joie et de rire

Jusqu'à ce que sonne 22h, alors tout se fige... Les femmes sombres revêtent leurs vêtements de tristesse et de morosité, s'interrogeant en vain sur le pourquoi de leur solitude

 

Le chat alors s'étire de fatigue et circule de jambes en jambes, redonnant à nouveau la vie à chacune

 

« Je vois que j'ai encore du travail à faire ici » se dit il « elles n'ont pas compris qu'elles n'étaient qu'une et qu'elle n'a pas besoin de s'enfermer dans sa cellule. En voilà une qui n'a pas encore découvert sa propre richesse. »